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blog littéraire

Du domaine des murmures de Carole Martinez

Du domaine des murmures de Carole Martinez

En 1187, la jeune Esclarmonde, fille du propriétaire du Domaine des murmures, décide pour échapper au mariage que son père veut lui imposer, de s'emmurer dans une cellule jusqu'à la fin de ses jours, et pour sceller son vœu elle se tranche une oreille. Depuis une fenestrelle, les habitants et les pèlerins qui la considèrent dès lors comme une Sainte lui racontent la vie de l'extérieur.

"Qu'il faisait doux au matin de ma mort!

Avant le lever du soleil, j'étais sortie du lit que je partageais toujours avec ma vieille folle de tante, j'avais enfilé une chemise et mes eschapins, enjambé Jehanne, ma sœur de lait, et avancé entre les autres filles du château allongées au sol de leur paillasses. Toutes ces endormies dessinaient un dédale de chair jusqu'à la porte de la chambre, il faillait se frayer une sente dans l'obscurité parmi leurs corps abandonnés, lourds de fatigue et qui remuaient à peine. Depuis que les échelles intérieures avaient été remplacées par des marches de bois, les femmes avaient gagné la pièce haute de la tour.

Je me suis glissée quasi nue dans la nuit comme en une robe neuve.

C’était une aurore de presque été.

Assise au bord de la brèche sur la pierre en forme de demi-lune qui, aujourd’hui encore domine l'abîme qui domine le domaine des murmures, j'ai contemplé la vaste forêt en contrebas. Les grands déchiffrages de mon siècle n'était pas parvenus à la réduire et les vagues de collines hérissées d'arbres ondulaient l'horizon. Je me suis laissé absorber par cet espace encore gorgé de nuit, que j'avais pu depuis la fenêtre de ma chambre, embrassé du regard pendant des années sans jamais avoir été autorisée à le parcourir seule, librement, au grand vent; par ce paysage puissant dont je voulais emplir ma tombe. Les murmures avaient étés bâtis au bord du vide. Au recto, la cour, les jardins, l'épaisse palissade de bois et le glacis tenaient la forêt à distance; au verso, la bâtisse surplombait un paysage fantastique, elle régnait en phare sur son rocher, suspendue au dessus d'un océan de bois et de la Loue qui léchait patiemment la falaise.

Je ne doutais pas je n'éprouvais aucune peur, juste une pointe de nostalgie, un pincement sous les côtes. Dieu serait avec moi pour repousser les murs de ma cellule, Dieu m'offrirait des visions plus amples encore. Je contemplerais Son univers, je voyagerais dans un réduit de pierre.

J'avais choisi."

Ce roman, en huis clos, assez original, peut paraître, à la lecture du résumé un peu ennuyeux, ce qui n'en est absolument pas le cas. La lecture et fluide. Un moyen d'en apprendre plus sur la religion et sur l'époque.

Isa 26/06/2012 12:35

Un roman qui au départ n'avait rien pour me plaire et finalement j'ai adoré. Une très belle surprise !

Yv 23/06/2012 14:03

Une auteur que je n'ai pas encore lue, mais notée plusieurs fois...

enna 23/06/2012 09:35

J'ai beaucoup aimé ce roman et j'avais eu un coup de coeur pour son premier roman 'le coeur cousu"

armelle 22/06/2012 22:36

je ne l'ai pas encore lu, mais ayant entendu beaucoup de bien du livre je vais surement le lire.
L'auteur du blog.

Anne 22/06/2012 22:33

Un livre que j'ai beaucoup aimé, et peut-être encore plus Le coeur cousu !

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